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Ils soutiennent le collectif

Article publié le mercredi 29 novembre 2006

Première précision : ces témoignages ont été collectés notamment lors du premier procès à Paris en janvier 2007.

Deuxième précision : les allusions personnelles contenues par certains messages sont dues au fait qu’un des sept prévenus avait pris l’initiative de lancer un appel à soutien, dès le lendemain des faits. Il serait difficile de les « gommer » toutes…

Troisième précision : tous les messages ici réunis sont rendus publics avec l’accord de leur auteur.

- Alliance pour une Europe des Consciences
- André Christophe
- Ariès Paul
- Audouin Alice
- Aumeunier Jean-Jacques
- Baissat Bernard
- Bayou Julien
- Béguin Dider
- Bessis Victor
- Besson-Girard Jean-Claude
- Bové José
- Bouëssée Joël
- Chalot Francis
- Cheynet Vincent
- Chloé
- Coquerel Eric
- Coupe Annick
- D’Aurélie Claire
- Delepine Benoît
- De Soye Sylvie
- Dutrey René
- Droits du Piéton en Gironde
- Etcheverry Txetx
- Eulry Fabrice
- Florentin Suzette
- Gadrey Jean
- Gaiji Khaled
- Gläntzlen Jean-Marie
- Got Claude
- Griesmar Jean
- Hourcade Jean
- Khamassi Mehdi
- Kressmann Yvonne
- Lagrost Jean-François
- Larivière André
- Latouche Serge
- Ledos Jean-Jacques
- Löwy Michael
- Lubraneski Yvan
- Mardaci Maryvonne
- Meirieu Philippe
- Mikhailoff Jean-Christophe
- Morin Edgar
- Nenner Charlotte
- Ne pas plier
- Palais Jon
- Pellissier Jean-François
- Pergnier Maurice
- Riché Philippe
- Salon Albert
- Simonnet Danielle
- Stiegler Bernard
- Thiesset Pierre
- Tiran Daniel
- Varennes René
- Villalba Bruno

Des éluEs venuEs aux actions de barbouillage

DUTREY René - Premier adjoint au maire du 14e arrondissement de Paris

MIKHAILOFF Jean-Christophe - Conseiller du 11ème arrondissement de Paris

NENNER Charlotte - Conseillère de Paris, Adjointe au Maire du 10ème arrondissement de Paris, déléguée aux transports et à la voirie

PELLISSIER Jean-François - Adjoint au maire du 13ème arrondissement de Paris, chargé de la Démocratie participative et du Développement de la vie associative

SIMONNET Danielle - Conseillère de Paris, Elue du 20e arrondissement

22 mars 2007

BOVE José

Message de soutien de José Bové au Déboulonneurs

PDF - 115.1 ko
message José Bové 22-03-2007

29 octobre 2007

LARIVIÈRE André (citoyen planétaire originaire du Québec)

En ces temps où l’emprise des marchands sur le monde devient de plus en plus insoutenable et inacceptable, autant pour l’Homme que pour sa planète ; en ces temps où la qualité de vie est de plus en plus menacée par de multiples agressions, où la nuisance quotidienne ravage nos sens, les barbouilleurs de pubs (dont M. Yvan Gradis que je connais comme une personne très responsable) font oeuvre de salubrité publique, et à cet égard méritent tout notre respect. Puissiez-vous, M. le juge, ne pas être trop à la solde des puissants dans la réflexion que vous porterez sur cette affaire.

LÖWY Michael (directeur de recherches émérite au CNRS)

Cher Yvan, tu es un protecteur des paysages, urbains et ruraux. Ton combat est de salubrité publique, et on espère que ton procès sera, enfin, celui de l’agression publicitaire qui pollue et infeste nos murs, nos boîtes aux lettres, nos écrans, nos journaux et nos routes (pour ne pas dire nos cerveaux). Je veux bien être "témoin de moralité" à ton procès. En tout cas, tu as mon amicale solidarité. P.-S. : C’est seulement à cause d’un empêchement que je n’ai pas pu être avec vous, hier, 28 octobre...

SALON Albert (ancien ambassadeur de France)

"Je soussigné, Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur de France, président d’associations pour la défense et l’expansion de la langue française et de la Francophonie, déclare :
- avoir assisté en spectateur approbateur à des barbouillages pacifiques de grands panneaux publicitaires défigurant nos paysages ruraux et urbains, et, en outre, déformant souvent notre langue dont l’emploi en France a fait l’objet de la loi dite "Toubon" du 4 août 1994 ;
- estimer nécessaire de continuer cette lutte pacifique ;
- souhaiter que le mouvement de protestation prenne une ampleur de plus en plus grande ;
- demander aux juges qui peuvent en être saisis de considérer qu’il ne convient pas de confondre dans la réprobation et les sanctions pénales et financières d’honnêtes citoyens qui défendent le bien public, avec d’autres qui – hélas ! - le détruisent en bénéficiant trop souvent d’une indulgence coupable."

30 octobre 2007

AUDOUIN Alice (ancienne directrice marketing/communication de Novethic, aujourd’hui responsable du développement durable, MPG, Havas)

Cher Yvan, ton procès prend place dans une scène plus globale de manque de dialogue entre les professionnels de la publicité et de l’affichage, et les organisations et les penseurs qui partagent tes valeurs. Pourquoi ce manque de dialogue ? Dans un premier temps parce que les positions sont opposées, les « visions du monde », opposées, et l’on pense impossible de trouver un terrain d’entente. Lorsque je discute avec un afficheur et que moi-même, certaine d’avoir raison, je lui dis « il y a trop de panneaux », il me demande immédiatement sur quel critère je me fonde (autre que mon utopie, mes souhaits, ma propre vision du monde, mes goûts esthétiques, mes idées politiques, mon esprit critique…) et il me répond généralement que la perception des panneaux est subjective, que, pour d’autres personnes, notre densité de panneaux est bonne et ne pose pas de problème. Tu sais qu’il y a des exceptions dans l’affichage, qui n’ont pas cette vision-là, qui ont un principe d’autolimitation ; je pense en particulier à un afficheur qui fait de gros progrès, travaille sur sa « densité » et s’interdit de dépasser désormais 1m2 de surface. Dialoguer, sur quelle base ? Tant que des critères ne seront pas clairement établis et débattus, il sera impossible d’avancer, les clans resteront figés. Aujourd’hui, dire « les affiches sont trop nombreuses et doivent être plus petites » ne peut être argumenté qu’en tant que point de vue subjectif, fût-il partagé par 5 millions de Français ! Il faut partir de cette réalité, si dure soit-elle pour toi, pour avancer. Pour que ton point de vue devienne force de proposition, il lui faut d’autres arguments. Il doit appuyer ses propositions de façon plus solide, il doit être argumenté. « Trop de panneaux », c’est quoi ? Un(e) urbaniste, un(e) psychologue, un(e) spécialiste de la sécurité routière, un(e) sociologue, une association de consommateurs, un(e) écomaire, un afficheur responsable peuvent peut-être, ensemble, essayer de le définir ? « Le bon nombre de panneaux », c’est quoi ? Il faut travailler sur l’idée de norme, de moyenne. Il faut définir les choses concrètement ; même pour ta revendication 50 x 70, il te faut des arguments. Il s’agit, pour sortir des affrontements, de mettre en marche une équipe pluridisciplinaire qui travaille sur ces questions, et qui puisse y intégrer des éléments de réflexion comme : la vie collective, la sécurité routière, l’esthétique urbaine, l’aménagement urbain, les agendas 21 des collectivités locales, la consommation, le développement durable, l’urgence écologique, les emplacements des commerces et leur évolution, etc. Il est essentiel de poser la question de la « responsabilité sociale et environnementale » d’un afficheur, d’un maire, d’un annonceur. Cela suppose quoi ? De se mettre au boulot tous ensemble, se coller à des propositions de définitions et de critères établis selon une méthode le plus objective possible. Ici les personnes qui ont une expertise dans le développement durable (comme moi) peuvent aider. Car c’est notre boulot d’essayer de mettre des méthodes, des critères et des outils dans un secteur en correspondances avec des exigences sociales et environnementales. Dans mon activité professionnelle et à mon initiative, MPG vient de lancer, avec l’ADEME, Écobilan et la direction de l’environnement de LVMH, un programme de recherche qui s’appelle Écopublicité, qui vise à mesurer l’impact environnemental de la publicité et qui inclut, bien évidemment l’affichage. Le résultat de cette recherche sortira en juillet 2007. Elle aidera à y voir plus clair sur le critère environnemental, et aidera aussi, je l’espère, au débat et à la vision d’un axe de progrès. (Bien sûr, dans ce paragraphe, je ne parle pas des problèmes des panneaux illégaux qui, eux, sont à part et n’ont rien de subjectif.) Tu sais que j’ai fait mon possible pour lancer un groupe de travail (dans le cadre de mon travail) avec les afficheurs au printemps dernier (objectif du groupe de travail : définition du périmètre de responsabilité sur le plan social, sociétal et environnemental + plan d’action) et que j’ai échoué (sauf pour un afficheur qui a bien voulu m’écouter). Je n’étais peut-être pas la bonne personne pour mener ce travail mais l’UPE (Union de la publicité extérieure), affirmant prendre en charge ces questions pour la profession qu’elle réunit en son sein, le mène-t-elle vraiment ? L’UPE devait se positionner sur des propositions pour cet automne... Je souhaite que ton procès ne soit pas une énième expression de deux mondes qui s’affrontent mais l’occasion de poser les questions de fond, à l’heure de l’urgence écologique et de l’accélération de la place de la consommation dans nos gestes, nos représentations et nos identités. Nous devons débattre au sujet de notre responsabilité à tous : consommateurs, citoyens, élus, afficheurs, annonceurs, etc. et avancer. Je précise bien sûr que mon soutien et ma présence est à titre personnel et non professionnel. En tant que responsable du développement durable dans le domaine de la publicité, je ne saurais prendre une posture d’affrontement contre ma propre société, mon propre univers professionnel, comme tu le sais, je crois avant tout au dialogue, au débat et je pense pouvoir y contribuer. Courage !

HOURCADE Jean (ancien conseiller culturel)

Cher Yvan, je serai ce jour-là dans l’avion pour la Birmanie, mais je tiens à t’assurer de ma sympathie. Tu oeuvres pour rendre le paysage français aux gens de ce pays et l’enlever aux pollueurs en tous genres : pollueurs d’air, d’espace, pollueurs de notre langue et de notre plaisir d’être nous-mêmes, pollueurs de la beauté. Je te fais d’avance par courriel, loin de mes bases, la bise de fraternité et de soutien que je pourrai te faire le 8 janvier. Très cordialement.

LAGROST Jean-François (flûtiste)

L’affichage publicitaire occupe abusivement une place démesurée dans notre environnement, créant un système à la fois disgracieux, liberticide et totalitaire. L’annonceur loue officiellement une certaine surface d’affichage. Cette surface, bien trop grande, constitue à elle seule un obstacle incontournable à notre regard, ce qui constitue bien évidemment le but recherché par l’annonceur. Dans la réalité, en louant une surface, l’annonceur devient également locataire de tout le volume depuis lequel son affiche est visible, ainsi que d’une partie de l’esprit de la personne qui regarde l’affiche, également appelée “la cible” dans le jargon publicitaire. Les tarifs - intégralement répercutés sur nos porte-monnaie - sont d’ailleurs plus fonction de la visibilité et de l’impact que de la surface elle-même. Si l’on comprend comment un afficheur peut devenir propriétaire d’une portion de mur ou d’un support quelconque, on se demande de quel droit il s’autoproclame bailleur de l’espace public depuis lequel est visible la publicité, et plus encore de l’espace intime qu’est le cerveau du récepteur. « Un usager de l’espace public qui – s’estimant offensé par la présence d’une affiche empiétant sur l’environnement visuel – la macule, la recouvre ou la retire ne vise pas à détériorer un support constitué de papier (ou d’un matériau quelconque), il vise à neutraliser le signal qui en émane et qui couvre l’espace environnant, dans un rayon qui peut être vaste » (Maurice Pergnier). Notre cerveau n’est pas la propriété des publicitaires et n’a pas à être vendu, c’est un droit fondamental qu’aucun juge, aucun pouvoir politique n’est en droit de contester. Le non-respect de ce droit fondamental, la privatisation autoritariste et abusive de l’espace public et les obstacles physiques que constituent les dispositifs publicitaires disproportionnés justifient les actions de désobéissance civile, tous les recours légaux ayant été épuisés sans que les droits et libertés des personnes soient respectés. Le Collectif des déboulonneurs a des revendications modestes et réalisables (la réduction des affiches au format 50 x 70 cm), ses méthodes sont non-violentes et ses actions se déroulent au grand jour. Ses membres sont intègres, intelligents et pleins de bon sens, ils ont tout mon soutien et tout mon respect.

MORIN Edgar (sociologue)

Il serait inique que des barbouilleurs animés par un esprit civique de dépollution des images soient poursuivis et condamnés, alors que tant d’ignominies dues à la recherche du profit maximum sont tolérées.

Voir aussi

RICHÉ Philippe (ingénieur retraité, responsable associatif)

La lutte contre l’envahissement publicitaire est une oeuvre de salubrité publique. Face à l’inertie des pouvoirs publics en la matière, je soutiens et suis solidaire de tous ceux qui courageusement s’y engagent sur le terrain avec des moyens non-violents.

2 novembre 2007

EULRY Fabrice (pianiste de boogie-woogie)

Cher Yvan, que vous soyez sanctionné ou non, c’est une victoire parce que : l’essentiel dans cette affaire, c’est de porter cela sur la place publique. Il faut que cela fasse autant de mousse que possible. Vous savez que c’est cela que nous cherchons. Qu’à titre individuel vous ressentiez le vertige est chose normale. L’enjeu dépasse votre petite personne, vous le savez, mais je vous le répète parce que, lorsqu’on se croit seul, l’on doute, faible humain que chacun est. Or, de même que j’ai cessé de douter, ce soir de retour de Bobino, en vous découvrant, vous cesserez de douter chaque fois que vous lirez ces lignes. Amicalement.

PERGNIER Maurice (linguiste, professeur d’université émérite)

Cher Yvan Gradis, apprenant que vous êtes poursuivi pour avoir « barbouillé », en compagnie de six « complices », un panneau de réclame commerciale (lequel est, soit dit en passant, particulièrement offensant pour le regard des parisiens, en raison du support qu’il occupe), je tiens à vous faire part de ma totale solidarité et de mon soutien. Ne pratiquant pas moi-même ce type de protestation antipublicitaire, je n’ai aucun droit à porter un jugement positif ou négatif quant à son opportunité ; mais j’en reconnais pleinement la légitimité. Devant la carence des pouvoirs publics à protéger les citoyens contre l’emprise de l’affichage publicitaire, on voit mal quel autre recours ont lesdits citoyens que d’attirer l’attention par des dégradations symboliques, menées publiquement et pacifiquement. Je ne comprends même pas comment la puissance publique peut envisager de sanctionner de tels actes citoyens, alors que ce sont les afficheurs qui font acte de délinquance en investissant abusivement l’espace public : les afficheurs veulent faire croire que leurs panneaux n’occupent que la surface sur laquelle ils sont apposés, alors qu’en réalité ils polluent visuellement des centaines de mètres carrés de l’espace public environnant, qu’ils s’attribuent indûment (comme vous le savez, j’ai diffusé, à ce sujet, une analyse que je verserais volontiers à votre défense). Il est pour le moins extravagant que ce soit la protestation contre les affiches qui soit traitée comme une transgression, alors que ce sont les afficheurs qui transgressent partout les limites de leur droit à s’approprier l’espace public. Et sur quel chef vous poursuit-on ? Peut-on sérieusement penser qu’on vous poursuit pour dégradation de bien privé, quand on sait qu’un simple coup de torchon suffit à réparer les « dommages » matériels ? L action pour laquelle on vous poursuit en justice s’apparente, me semble-t-il, plus à une manifestation qu’à une dégradation. Faut-il, alors, penser qu’on vous poursuit pour délit d’opinion ? Ce sont là mes premières réactions « à chaud » (donc fort superficielles), mais croyez que je suivrai votre procès avec la plus grande attention et ne manquerai pas de répondre à tout appel à soutien de votre part. Croyez à mes sentiments les plus cordiaux.

11 novembre 2007

AUMEUNIER Jean-Jacques (ancien professeur de mathématiques, défenseur des droits humains)

- La justice étant rendue au nom du peuple français, je me sens pleinement concerné par la convocation des membres du Collectif des déboulonneurs devant le tribunal correctionnel.
- Je me déclare en plein accord avec les actions justes et non-violentes de ce collectif.
- La justice a, entre autres missions, celle de protéger les gens contre les actions des malfaiteurs en empêchant ceux-ci de nuire. Or, dans cette affaire, qui est le malfaiteur, qui est l’agresseur et qui est l’agressé ? Il me semble que les agresseurs ne sont pas ceux que l’on amène devant le tribunal, mais bien les afficheurs qui agressent constamment le public, par leurs messages publicitaires. C’est au point que l’on ne peut plus se promener dans les rues sans que notre regard soit attiré (agressé ?) par une de leurs affiches. De plus, ces afficheurs emploient des spécialistes en psychologie, en sociologie, en publicité, etc. pour étudier « scientifiquement » les méthodes les meilleures pour attirer et agresser le public. À mon avis, tout cela constitue de toute évidence une agression vis-à-vis des gens, dans le but de leur faire acheter une quantité de choses dont ils n’ont pas vraiment besoin. Selon moi, ce sont donc les afficheurs et non les déboulonneurs qui devraient se trouver devant le tribunal et être poursuivis pour agression du public et en particulier des jeunes.
- Je ne suis pas juriste, mais je voudrais poser une question. La République française a RATIFIÉ en 1980 le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et, en 1990, la Convention internationale relative aux droits des enfants. Or, l’article 10, paragraphe 3, du Pacte stipule : « Les enfants et adolescents doivent être protégés contre l’exploitation économique est sociale. » De même, l’article 16 de la Convention stipule : 1° « Nul enfant ne fera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance… » ; 2° « L’enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. » L’article 17, paragraphe e, ajoute : « … les États parties… favorisent l’élaboration de principes directeurs appropriés destinés à protéger l’enfant contre l’information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte tenu des dispositions des articles 13 et 18. »

Ma question est la suivante : Les publicités (affichées ou autres) ne violent-elles pas ces traités internationaux que la France a ratifiés ? On sait, en effet, que de nombreuses publicités visent les enfants, voire se servent d’eux pour qu’ils fassent pression sur leurs parents et les poussent à l’achat.

14 novembre 2007

KRESSMANN Yvonne (Quaker styliste de 76 ans qui a roulé sa bosse en Orient)

Bonjour. Ah ! là, là ! Donc, la Légion d’honneur pour « légitime réponse » n’est pas encore venue pour toi ? Figure-toi qu’ici, à Carpentras, l’on trouve beaucoup de boîtes aux lettres avec « Pas de publicité ». Tu n’es pas totalement seul… Tu as bien raison de vouloir protéger notre environnement de cette invasion agressive qu’est la publicité : de trop grande taille, mal placée ou d’une imagerie agressive. Si tous les citoyens prenaient conscience (et leurs responsabilités) de ces agressivité et libertés que prennent les publicités et en particulier les grands groupes devenus pour la plupart partie des grosses boîtes internationales, nous pourrions espérer plus de respect pour le pays. Quel droit (bakchich…) ont-ils de nous imposer certains panneaux si peu esthétiques d’une part et d’autre part parfois même sur des lieux et d’une taille normalement interdits ? Quand je suis allée à Prague à l’époque du communisme, je me souviens de cette ambiance de paix — mais quelle paix ! — que procure les paysage d’une ville et de sa campagne libre de toute publicité. Quand je pense aux millions que coûte et brasse ce milieux, Prague aujourd’hui doit avoir été, à son tour, prise dans le filet… Garde ta bonne humeur, tu es sur la bonne route.

TIRAN Daniel (éducateur spécialisé)

Mon combat quotidien est presque aussi vital que celui qu’un sans domicile à la rue mène pour protéger son intégrité physique et mentale : lutter contre l’omniprésence publicitaire accapare mon esprit et m’empêche d’accéder à la réalité qui m’entoure. La publicité est abrutissante.

15 novembre 2007

LATOUCHE Serge (économiste, professeur d’université)

Je tiens à vous apporter mon soutien total dans votre combat légitime et nécessaire. Lorsque les gouvernements violent leur propre légalité et que ce sont les lobbies qui dictent les lois, il ne reste au citoyen qu’à résister, même en sortant de la légalité pour rentrer dans le droit selon une formule célèbre. Votre combat, qui rejoint celui des faucheurs volontaires contre le scandale de l’imposition des OGM et celui des objecteurs de croissance contre le délire productiviste, est, en effet, une "légitime réponse" à l’agression publicitaire qui mériterait la Légion d’honneur comme vous l’avez expliqué, avec une sagesse et un humour socratique adaptés à la situation, aux policiers. Je vous joins un extrait de mon dernier livre, "Le Pari de la décroissance" (Fayard), p.163 à166, qui évoque la publicité et son rôle néfaste. Je ne manquerai pas d’apporter un soutien financier à votre cause et je vous autorise à faire tout usage que vous jugerez bon de la présente pour votre défense. Bon courage et très cordialement.

(Extrait du livre de Serge Latouche, envoyé par lui-même)

La manipulation médiatique.

Si pour Aristote, les murs mêmes de la cité éduquent le citoyen, à quoi peuvent bien éduquer les murs de nos villes et de nos banlieue ? Peuvent-il former, au mieux, autre chose que des consommateurs et usagers frustrés, au pire des "sauvageons" rebelles ? Un urbanisme laid et sans âme, le plus souvent, et une publicité agressive et omniprésente ne contribueront pas à former des personnalités fortes et indépendantes capables de résister à la manipulation médiatique et à la propagande politique qui en est devenue le sous-produit. L’information, par son excès même, la "surinformation", devient, suivant l’analyse de Jacques Ellul, désinformation et se combine avec la publicité commerciale et politique pour devenir déformation, propagande et manipulation. C’est une véritable entreprise d’intoxication. Illich analysait la création de besoins par la publicité comme une "réification" aliénante. "Avoir soif, écrit-il, c’est avoir besoin de Coca-Cola ! Cette sorte de réification est le résultat d’une manipulation des besoins humains par de vastes organisations qui sont parvenues à dominer l’imagination des consommateurs en puissance".

Il y a des manipulateurs manifestes, les firmes transnationales et les lobbies économiques (Monsanto, Novartis, Bayer, Dow chemicals et Cie), les États et leurs services spécialisés, (CIA, KGB et leurs avatars…). Les exemples de manipulations flagrantes et réussies sont légion : on se souvient de l’annonce des faux massacres de Timisoara propagée par le KGB, des armes de destruction massives qui ont servi de prétexte pour déclencher la guerre à l’Irak par le clan Bush. Dans les deux cas, même si la supercherie est dégonflée, c’est trop tard, la désinformation a atteint ses objectifs. La manipulation publicitaire, quant à elle, est encore plus difficile à démasquer et les effets de sa dénonciation sont encore plus limités. Avec certains médias, la manipulation consciente et systématique atteint un degré de cynisme difficilement surpassable comme en témoignent les tristement célèbres déclarations de Patrick Le Lay : "Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective "business", soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Or, pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation, de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible."

Toutefois, à la limite, les manipulateurs sont eux-mêmes manipulés et, comme dans le roman de John le Carré, "Une amitié absolue", on ne sait plus qui manipule qui. D’autant qu’il y a une manipulation plus insidieuse et invisible engendrée par "l’air du temps". Produite par personne et tout le monde à la fois, elle a partie liée avec notre façon de vivre.

La consommation du quotidien

"Pour s’infiltrer dans les espaces vernaculaires, note Majid Rahnema, le premier Homo oeconomicus avait adopté deux méthodes qui ne sont pas sans rappeler, l’une l’action du rétrovirus VIH et l’autre les moyens employés par les trafiquants de drogue." Il s’agit de la destruction des défenses immunitaires et de la création de nouveaux besoins. La première est bien réalisée par l’école, la seconde par la publicité. Toutefois, c’est surtout l’accoutumance qui crée la toxico-dépendance. La croissance, avec le consumérisme, en effet, a été à la fois un virus pervers et une drogue.

Un ancien ministre de l’Environnement, bon connaisseur du système, nous en apporte une illustration saisissante qu’on nous excusera de citer un peu longuement. "Monsanto vise en réalité, écrit-il, ce qui, dans le jargon interne, s’appelle la biotech acceptance, l’acceptation des OGM par la société. La firme a confié à Wirthlin Worldwide, spécialiste mondial de la communication d’entreprise, le soin de "trouver les mécanismes et les outils qui aident Monsanto à persuader les consommateurs par la raison et à les motiver par l’émotion." Cette entreprise - opportunément baptisée Projet Vista - est fondée sur "la détection des systèmes de valeurs des consommateurs". Il s’agit d’établir à partir de ces données "une cartographie des modes de pensée, avec quatre niveaux (...) : les idées toutes faites, les faits, les sentiments et les valeurs. Aux États-Unis, les résultats de cette étude ont conduit à établir les messages qui percutent auprès du grand public américain, à savoir l’importance de l’argument en faveur des biotech : moins de pesticides dans vos assiettes". "D’ores et déjà, les messages se concentrent sur trois thèmes principaux : les OGM permettraient de supprimer les pesticides et fourniraient des aliments sains. Les OGM préserveraient la qualité des sols et la biodiversité. Les OGM seraient conçus pour s’adapter aux zones salines ou arides : ils répondraient au problème de la sécheresse dans le Tiers Monde et s’adapteraient aux changements climatiques. En France, ces slogans sont diffusés sous la forme de brochure dans les écoles et dans les salles d’attente de médecins par l’association Deba." Dans la campagne publicitaire de Monsanto en 2001, cela donne, dans le jargon inimitable des professionnels, ce slogan primesautier : "Pour plus d’écologie gie gie, la biotechnologie gie gie." Malheureusement, force est de constater que ça marche. Non seulement auprès des enfants, mais aussi du grand public et même des juges. Les sondages récents nous apprennent que la résistance aux OGM faiblit dans l’opinion, et un tribunal a condamné la Confédération paysanne à payer une forte indemnité à Monsanto. (Fin de l’extrait du livre de Serge Latouche.)

Voir aussi

17 novembre 2007

GLÄNTZLEN Jean-Marie (écorudologiste professionnel et vieux militant environnementaliste sexagénaire)

Vous semblez bien être un extrémiste. Mais sans doute faut-il dans cette société inquiétante parce que gadgetivore et "nouvelivore", face aux extrémistes de la pub, qu’il y ait aussi des garde-fous, des extrémistes de l’antipub pour faire contrepoids. Alors qu’on devrait plutôt mettre en accusation et condamner le BVP pour laxisme, j’espère que vous serez relaxé pour service rendu à l’intérêt général. Je vous souhaite bon courage et vous assure de ma sympathie écocitoyenne.

GRIESMAR Jean (ancien cadre de l’industrie pétrolière)

Cher Yvan, je tiens à vous apporter le témoignage de mon estime pour votre action courageuse et désintéressée — ce qui devient rare ! Je ne connais pas les données juridiques de votre affaire, mais il m’apparaît que votre but de limiter le format des affiches et, d’une façon générale, l’invasion publicitaire est conforme aux préoccupations écologiques proclamées par les pouvoirs publics ; il semble que la justice devrait tenir compte notamment de cette circonstance. Je vous souhaite bon courage et vous renouvelle l’expression de toute ma sympathie.

LEDOS Jean-Jacques (historien de l’audiovisuel)

J’ai rencontré Yvan Gradis sur un plateau de télévision, il y a dix-sept ans. Je me suis senti de suite en accord avec sa dénonciation des excès d’une publicité manipulatrice, mensongère, dans une forme au mieux ridicule, au pire, vulgaire, en tous cas omniprésente et je n’osais pas alors la désigner comme totalitaire. Nous sommes convenus avec Yvan que le combat serait long, dix, quinze ans, davantage, peut-être ! Yvan ne s’est jamais démobilisé, et les résultats obtenus sont à ce jour encourageants. Sans doute la publicité est-elle nécessaire dans une société marchande. Ne pas lui fixer de limites, c’est assurément accepter son envahissement et la soumission à un modèle de société qui ne se soucie guère d’humanisme. Alors, le combat continue !

18 novembre 2007

BAISSAT Bernard (réalisateur télévision)

Cher ami, je suis complètement solidaire de votre action non-violente qui exprime bien le ras-le-bol de la majorité de la population française contre l’agression permanente de la publicité. Les entrées de toutes nos grandes villes ont été défigurées par une multitude de panneaux publicitaires. Tous les médias écrits et audiovisuels, y compris ceux qui sont payés par les contribuables, sont envahis par la publicité. Il faut chercher les informations entre les pages de réclame. Nos boîtes aux lettres sont pleines de prospectus que nous jetons à la poubelle. Sur le chemin de l’école, les écoliers croisent une centaine de messages publicitaires, et plus s’ils empruntent le bus ou le métro… Nous n’en pouvons plus. Nous sommes saturés. Nous n’avons plus aucun moyen pour nous défendre, et je comprends votre geste de révolte que je trouve complètement légitime dans ce milieu violent. J’espère que la justice, encore épargnée par la pression des publicitaires, saura reconnaître le bien-fondé de votre acte non-violent et que vous pourrez faire valoir votre représentativité d’un courant aujourd’hui majoritaire dans notre pays. Bien cordialement.

20 novembre 2007

BOUËSSÉE Joël (auteur)

J’ai lu avec sympathie et adhésion votre lettre circulaire. Je vous prie simplement de ne pas prendre le passage en « correctionnelle » pour une quelconque humiliation mais, au contraire, pour une justification voire l’aboutissement de votre combat puisque celui-ci se voit reconnu par le pouvoir, même si ce dernier en venait à vous condamner. Ne cherchez donc pas le réconfort puisque, en cette occasion, vous vous trouvez pour le moins validé par la circonstance. Recevez l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

MARDACI Maryvonne (infirmière ergothérapeute)

Cher ami, je suis à la fois choquée mais pas étonnée par ce qui vous arrive. Vous aimez jouer les provocateurs… mais je suis tout à fait d’accord avec votre combat. Par votre comportement, vous attirez l’attention sur un problème majeur : de grandes sociétés françaises et étrangères ne respectent pas la loi qui concerne leur activité professionnelle, la publicité. Pourquoi ? Parce que les autorités s’inclinent devant les grosses entreprises financières. C’est inadmissible. La loi est la loi. Si on se souvient de décisions récentes, toutes les personnes habitant sur notre territoire doivent respecter les lois de la République, quelles que soient leurs origines ethniques, culturelles, religieuses. C’est juste et rationnel. Pourquoi nos autorités n’ont-elles pas la même attitude vis-à-vis des puissances financières ? Peut-être n’ont-elles pas pris conscience de la gravité de la situation. On ne veut pas faire d’autres hypothèses. En dehors du problème esthétique, j’aurais même envie d’aller plus loin. Quand on voit cette invasion de la pub dans nos paysages, nos médias, nos boîtes aux lettres…, on a envie de se demander combien cela coûte. Quand nous achetons un produit, combien dépensons-nous pour payer la pub, le producteur et surtout l’ouvrier ? Il serait temps d’aborder le problème d’une façon globale, et vous y contribuez par votre action. Je suis optimiste, je pense qu’il faut faire confiance à la justice.

D’abord infirmière, je me suis ensuite investie pendant des années, en tant qu’ergothérapeute, dans la réadaptation de personnes handicapées à la suite d’accidents sur la voie publique (hôpital Raymond-Poincaré, Garches). On interdit, et avec raison, à un automobiliste de téléphoner quand il conduit car cela risque de le distraire et d’être à l’origine d’un accident. Par contre on accepte la présence sur nos routes de panneaux publicitaires de plus en plus grands, de plus en plus agressifs, qui n’ont d’autre but que d’attirer l’attention des automobilistes, des cyclistes, des piétons… bref, de les distraire, sans se soucier des conséquences sur leur comportement. N’est-ce pas absurde d’accepter un tel non-sens ?

Gardez le moral. Bien amicalement.

VARENNES René (président-fondateur de l’UCBBA « Forêt des mille poètes »)

Cher ami, la poignée de main que la distance m’empêche de vous donner, je vous la transmets par la pensée et par le coeur. Et je suis sûr que le plus grand nombre des compagnons de notre Forêt partagera votre combat, le 12 janvier 2007. La lutte pour une nature et une culture préservées ne saurait être compartimentée. La publicité, pareille au déluge qu’on nous annonce, envahit l’une et l’autre, détruisant les paysages et les perspectives,saucissonnant à la télévision la plupart des émissions, qu’elles soient ou non de qualité, de telle sorte que nous vivons dans un pathos épouvantable. Le 12 janvier 2007, quoi qu’il y paraisse, vous ne serez pas tout seul. Très cordialement.

23 novembre 2007

FLORENTIN Suzette (professeur retraité)

Retraitée de l’enseignement, je me souviens de ma rage impuissante quand, arrêtée à un feu rouge sur le trajet menant à mon lycée, je voyais s’étaler sur le mur d’en face une énorme pub représentant une éponge ayant vaguement la forme d’un corps féminin avec ce slogan : « Ce n’est pas parce qu’elle est belle qu’il faut la ménager. » Pendant quelques secondes, je me fantasmais lançant des encriers ou un bocal de verre que j’aurais rempli de peinture sur cette image de ce que je déteste : la pub et le machisme. Je ne l’ai jamais fait ; il aurait fallu préparer le matériel, revenir à une heure plus tranquille, risquer une dénonciation, avec la quasi-certitude de rater ma cible, trop haute, trop loin de la rue. Alors, que des jeunes s’organisent pour réaliser ce dont j’ai rêvé, cela me réjouit, et je ne peux que les soutenir.

CHALOT Francis (maire de Janville-sur-Juine)

Cher Monsieur, je tenais à témoigner par la présente, que je vous autorise à diffuser et à présenter aux juges, du fait que je considère votre combat comme légitime, citoyen et d’utilité publique. L’agression publicitaire est permanente dans le monde où nous vivons. Elle ne respecte rien, pas même les règles minimales conçues pour protéger nos sites et paysages. Je peux le dire avec force en tant que maire d’une petite commune, car je passe beaucoup de temps à batailler pour le retrait d’affichages illégaux. Elle ne respecte pas nos esprits et nos consciences. Je peux le dire en tant que père de famille, puisque, là aussi, c’est une véritable « résistance » qu’il nous faut organiser pour faire face à la manipulation, la déculturation, le matraquage constant de la publicité. Elle ne respecte pas les grands enjeux de notre planète, et les politiques publiques qu’on prétend mettre en oeuvre, puisqu’elle incite en permanence au gaspillage. Cher Monsieur, je vous considère comme un « résistant » et je vous apporte à ce titre mon soutien. Très sincèrement.

25 novembre 2007

BESSIS Victor (médaillé militaire, croix de guerre 1935-1945)

J’ai été fort surpris d’apprendre que vous allez comparaître devant le tribunal correctionnel. Durant nos conversations familières, j’ai pu me rendre compte de ce que vous n’êtes nullement hostile à la publicité. Vous êtes simplement opposé à ses dérèglements intermittents, qui sont porteurs d’un pouvoir corrosif et d’un irrespect total de l’harmonie de la Ville. Vous avez un profond attachement au bien public. Votre volonté de réagir prend sa source dans votre conscience morale et dans votre intérêt pour autrui. Pour vous, l’idéal, c’est de parvenir à réduire les dérives publicitaires afin de contribuer à offrir une coloration plus humaine à l’environnement. Votre aspiration a une valeur d’exemple et impose le respect. Mais il n’y a pas d’idéal dont le charme n’ait son péril. Vous paraissez avoir le courage inébranlable d’affronter ce risque. Votre entier dévouement et votre hauteur de vues engagent à augurer mieux de l’avenir ; ils vous donnent un accent de vérité qui montre votre bonne foi. C’est pourquoi je suis conduit à croire que la Justice, lors de l’audience du 12 janvier prochain, sera encline à prononcer une sentence de relaxe en votre faveur. Je désire vous redire que je me tiens prêt à témoigner en Justice ma grande estime pour vous et pour votre action. Croyez à ma bien vive amitié.

27 novembre 2007

NE PAS PLIER (Isabel de BARY, Gilles PATÉ, Gérard PARIS-CLAVEL, Franck POUPEAU)

Nous venons de recevoir ton courrier nous informant de ton procès pour ton action de « légitime réponse » face à l’oppression publicitaire. Nous souhaitons t’exprimer tous notre soutien pour cet acte que nous jugeons plus que légitime. Depuis de nombreuses années, nous revendiquons un texte de loi sur la pollution visuelle dans la ville, ce qui est pour les citoyens l’objet de violences et d’oppression. L’espace de la rue reste un espace commun où le commerce ne peut nous être imposé (on ne peut pas zapper dans l’espace public), nous demandons sur quel principe la publicité dans ces espaces est autorisée. Pour toutes ces raisons, nous trouvons injuste le fait que tu te retrouves dans cette situation judiciaire, et nous sommes à ta disposition pour tout ce qui te paraîtrait nécessaire pour que la justice soit au plus près des préoccupations des citoyens et non des marchands privés.

1er décembre 2007

ALLIANCE pour une Europe des Consciences (n° 11, décembre 2006)

Le Collectif des déboulonneurs, qui a choisi l’action non-violente de désobéissance civile par le barbouillage des panneaux publicitaires, doit, malgré la sympathie du public, de certains élus et d’une certaine presse, faire face aujourd’hui, avec le même courage, aux conséquences de ses actes. Sa revendication (50 x 70 cm maximum pour les affiches publicitaires), suivie d’actes démonstratifs non-violents, mérite-t-elle le tribunal correctionnel ? Dans notre monde, oui, et un procès reste toujours un traumatisme. C’est pourquoi les barbouilleurs de ce collectif se sentiraient réconfortés par des messages de sympathie, un mot de soutien disant combien la démarche est légitime. C’est un de ces messages que nous leur envoyons ici.

1er janvier 2008

D’Aurélie Claire, Montrouge (citoyenne libre et éditrice de livres)

De plus en plus de personnes privées, représentant des associations, groupes de citoyens, disent n’en plus pouvoir de cette invasion publicitaire qui obstrue le paysage rural et citadin, qui étouffe la pensée libre et intelligente. N’oublions pas que le pourcentage de citoyens qui se déclarent allergiques à l’invasion de la publicité augmente chaque jour — on en serait à 46 % d’opinions exprimées ; sans compter ceux qui n’ont pas eu encore l’occasion de s’exprimer. De plus en plus de spécialistes de tous ordres — scientifiques, enseignants, médecins, artistes… — expriment à quel point la publicité donne une image fausse et tronquée de la société et avec le danger que les très jeunes voient le monde au travers de ces lunettes déformantes. Je déclare publiquement que j’estime courageux ces citoyens qui se sont mis au premier rang pour simplement exprimer avec calme et dignité ce dont nous souffrons tous : l’invasion uniformisante de la publicité et les monstrueuses dépenses supportées par les consommateurs, dont l’équivalent pourrait être utilisé pour des causes humaines, intelligentes et justes. Je m’exprime individuellement en tant que citoyenne libre et éditrice de livres.

10 janvier 2008

Droits du Piéton en Gironde (association)

L’association les Droits du Piéton en Gironde vous soutient dans votre action contre la publicité envahissante.

En association avec la Ligue contre la violence routière 33, nous militons contre les panneaux publicitaires qui sont une des causes de l’insécurité routière

René Vernay, Président

11 janvier 2008

STIEGLER Bernard (directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou)

À la lecture des textes où le collectif des déboulonneurs expose ses principes et son protocole d’action, ce discours frappe par les motifs profondément raisonnables et responsables qui l’anime. On aimerait que les mouvements et organisations qui constituent par leur ensemble la société fassent preuve d’un semblable sens de la citoyenneté. Les actions menées par le collectif des déboulonneurs ouvrent un débat de fond qui préoccupe de plus en plus de français, et qui constitue une question de philosophie du droit – à savoir que l’espace public est envahi et littéralement parasité par l’espace privé que constituent les panneaux publicitaires. Les militants contestent dès lors la légitimité de ce qu’il faut bien appeler une appropriation de l’espace public. Et il est difficile de ne pas reconnaître que cette contestation apparaît elle-même tout à fait légitime.

Car le sujet est particulièrement grave. Il s’agit de la captation de l’attention des consommateurs, de la sollicitation invasive, insidieuse, permanente et littéralement accaparante de leurs facultés sensibles et intellectuelles, par toutes sortes de voies qui n’hésitent pas à pratiquer non seulement la sollicitation sensationnelle, mais la convocation des comportements réflexes les plus pulsionnels. Il en résulte une dégradation insupportable de l’espace public, en particulier dans les zones urbaines les moins bien loties, et qui donne une image de plus en plus lamentable de notre société, en particulier auprès des enfants que l’on accuse ensuite assez hypocritement et très injustement de manquer d’attention pour leurs proches et leurs prochains.

Car les enfants sont de plus en plus nombreux à souffrir de troubles de l’attention, et c’est là le résultat d’une véritable saturation affective, que les médias de masse et la publicité assènent systématiquement, mais qui détruit les esprits, et l’état d’esprit attentionné en quoi consiste l’espace public en tant qu’il est social, c’est à dire favorable à des relations d’attention entre les êtres humains.

Le collectif des déboulonneurs ne nie pas la nécessité de la publicité, à la différence de mouvements qui négligent gravement les nécessités de la vie industrielle. Ils prônent une publicité raisonnable en tenant eux-mêmes un discours raisonnable. C’est une attitude sociale assez exemplaire, et incontestablement courageuse, dans un monde qui ne cesse d’encourager l’excès.

L’illégalité de leurs actions au regard du droit actuel ne doit donc pas masquer la légitimité des motifs qui les animent.

12 janvier 2008

LUBRANESKI Yvan (militant socialiste - NPS)

L’anti-pub : déboires juridiques et devoir politique

L’histoire de notre société politique recèle de nombreux combats d’avant-garde. Ils sont toujours, pour commencer, l’oeuvre d’une poignée de militants, dont les actions sont volontairement provocatrices pour attirer l’attention.

Yvan Gradis et ses compagnons déboulonneurs, qui avaient barbouillé des affiches publicitaires à Paris le 28 Octobre dernier, passent aujourd’hui en correctionnelle pour dégradation de bien privé. L’infraction étant constituée, ils auront bien du mal à convaincre le juge qu’il s’agissait d’un acte de désobéissance civile, à vocation politique : leur façon, finalement, d’entrer en résistance.

Les anti-pub dénoncent la pollution visuelle exercée par la publicité, et réclament à juste titre un format maximal de 50x70cm pour les panneaux publicitaires. Il est vrai que la publicité envahit et traverse toute la société. Et, s’il vous est possible d’éteindre ou de supprimer le volume de votre télé à l’occasion d’un écran publicitaire, les panneaux plus grands les uns que les autres s’imposent à vos yeux dans le paysage, urbain ou rural.

Le philosophe Edgar Morin, qui soutient les militants anti-pub, estime qu’un "seuil de saturation", dans ce domaine, est atteint. "Ces militants sont des éveilleurs", déclare-t-il aujourd’hui dans Le Parisien.

Dès lors, pour ceux d’entre nous qui seraient éveillés, il est temps d’ouvrir le débat politique à ce sujet. Le Nouveau Parti Socialiste, courant du PS, a déjà eu l’occasion, dans ses contributions, notamment sur les médias, de s’inquiéter de la publicité et de s’intéresser à la recherche de solutions sur ces vastes sujets de société. Une interdiction totale des écrans publicitaires dans les programmes audiovisuels déstinés aux enfants est, par exemple, soutenue.

Sur l’interaction de la publicité avec l’environnement, une réflexion mérite d’être menée dans notre parti. D’autant qu’une fois de plus, là est le coeur de notre action future : faire que l’homme prime sur les lois du marché.

05 mai 2010

GOT Claude (Médecin, professeur)

Un texte en soutien aux Déboulonneurs, contre la publicité.

Financiers et publicitaires sucent le sang des esclaves

Les facteurs et les acteurs de notre destruction sont sous nos yeux, parfaitement identifiés et nous sommes paralysés face à leur malfaisance.

Deux armes de destruction massive conjuguent leurs effets, le racket des financiers et la manipulation des publicitaires. Elles nous sont familières et leur puissance semble exclure toute possibilité de rébellion. Les esclaves baissent la tête et se laissent sucer le sang par ces parasites sociaux dont l’impudence s’étale sans la moindre retenue. Les grands prédateurs de l’humanité ont toujours été sûrs d’eux mêmes et leur ego est tel qu’ils ne résistent pas à leur désir de théoriser leur pouvoir et de justifier leurs actes, que ce soit pour vendre ou que ce soit pour tuer. Il n’y a donc aucun doute sur les objectifs de leur démarche.

Le 12 mars, un groupe de déboulonneurs comparaissait devant la 13ème chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, comme s’ils avaient quelque chose à se reprocher. Comme si le barbouillage de panneaux publicitaires qui s’imposent à tous et ne respectent rien était un geste répréhensible, alors que c’est une réaction de survie et une exigence de liberté.

Quand, en 1928, Edward Bernays, le neveu de Freud, a expliqué aux Américains que la société avait des attitudes irrationnelles et qu’il était légitime de l’influencer par des techniques de manipulation, le message était sans ambiguïté. Il n’est pas surprenant de voir cet homme dériver quelques années plus tard vers une application de ses idées au marketing. En aidant l’industrie cigarettière à développer le tabagisme féminin par des défilés de jolies jeunes femmes fumeuses, il vendait son savoir faire pour inciter à consommer.

Le fait que son activité ait été consacrée aussi bien au conditionnement politique ("la propagande est le bras exécutif d’un gouvernement invisible") qu’au conditionnement consumériste ne semble pas avoir été perçu dans toute sa signification. Nous semblons naïvement persuadés qu’il ne faut pas mettre sur le même plan les méthodes de Goebbels (qui s’est inspiré des techniques décrites par Bernays) ou de la radio des Mille collines qui préparait le génocide Rwandais et celles des publicitaires.

La finalité est différente mais les principes sont identiques. Leur fondement est la négation de la sincérité, le mépris le plus complet pour cette phrase d’une qualité exceptionnelle de Montaigne :"Nous ne sommes hommes et ne nous tenons les uns aux autres que par la parole". Si la parole est mise au service d’une capacité de séduction payée, nous entrons dans la prostitution de l’esprit. Des "créatifs" exploitent toutes les aptitudes de leurs neurones pour que les maîtres des supports qui vendent du temps de cerveau disponible puissent conditionner des humains à acheter.

Les outils utilisés sont destructeurs du lien social, du respect de l’autre, de son physique et de son mental et cela n’aurait aucune importance, le seul critère acceptable étant d’attirer l’attention, de plaire et de faire vendre. Il faudrait trouver amusant qu’un constructeur automobile ose mettre son nom sur une publicité qui indique : "Je n’exploiterai pas complètement les possibilités de ma voiture. Levez le pied droit et dites : je le jure" et qu’une autre incite à " s’oublier le temps d’un instant, connaître les règles et savoir s’en affranchir, se perdre entre ciel et terre et s’aventurer au delà".

Il y a des radars automatiques pour envoyer ensuite devant les chambres correctionnelles les délinquants qui achètent des véhicules dont les caractéristiques sont faites pour ne pas respecter les règles et pour séduire des impuissants avides de puissance. Que l’humanité dérive vers une obésité épidémique produit par le couple sédentarité/nourriture inadaptée n’est pas bien grave, l’industrie de l’obèse vieillissant qui ne tient plus debout produira des emplois. Nous pouvons continuer de promouvoir des barres de n’importe quoi pleines de gras par la publicité avec un bandeau en petits caractères incitant à ne pas grignoter. Mettre des femmes nues dans des chariots de supermarché en détournant un "j’accuse" qui fait partie de notre patrimoine culturel politique pour faciliter la vente d’un CD serait une pratique acceptable puisqu’elle a provoqué l’attention, comme le faisait le sidéen mourant exploité par Benetton.

Les déboulonneurs ont le sens du respect des autres. Ils ont raison de revendiquer le droit de leurs enfants à ne pas apprendre à lire sur les affiches de Monsieur Séguéla qui pense que l’on a raté sa vie si l’on n’a pas une Rolex à cinquante ans, alors qu’ils tentent de lui apprendre qu’une montre à 35 euros peut être plus simple, plus belle et indique l’heure avec une précision suffisante. Ils ont raison de rappeler que la déclaration universelle des droits de l’homme indique que chacun d’entre nous peut revendiquer les droits " culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité".

J’ai assisté à plusieurs comparutions de déboulonneurs devant leurs juges. L’attitude de ces derniers me donne de l’espoir. Les craintifs veulent éviter d’examiner le bien fondé de cette démarche de revendication d’une liberté fondamentale, ils écourtent les débats et prennent pour seules références les textes spécifiques réglementant la publicité par affichage. Ceux qui réfléchissent, se donnent le temps d’écouter et sont attentifs à ce qu’ils entendent, ils prononcent des peines à la limite du symbolique. Un jour viendra où la prise en compte de textes fondateurs des libertés humaines qui font partie de nos références constitutionnelles et judiciaires conduira l’un d’entre eux à rendre une décision de relaxe. Ce sera un jour d’espoir, il permettra d’envisager un monde où les manipulateurs/séducteurs cesseront de prendre le pas sur les éducateurs et l’esprit des lois.

06 septembre 2011

LATOUCHE Serge (économiste, professeur d’université)

L’impact de l’addiction consommatrice induite par l’excès de publicité sur l’environnement.

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témoignage Serge Latouche 06-09-11

09 juin 2015

BESSON-GIRARD Jean-Claude (peintre, écrivant, objecteur de croissance, auteur de Decrescendo cantabile, petit manuel pour une décroissance harmonique, Editions Parangon, 2005, co-fondateur et directeur d’ENTROPIA, revue d’étude théorique et politique de la décroissance (2006-2013))

Témoignage pour Alessandro Di Giuseppe

Depuis les Grecs, ceux que l’on nomme "les bouffons" ont toujours tenu un rôle important, nécessaire et reconnu, de bas en haut, dans les hiérarchies des sociétés européennes. Alessandro Di Giuseppe est un de leurs héritiers. L’humour et l’insolence étaient leurs armes pacifiques. Leur fonction auprès des rois et des puissants était toujours de dire et de jouer " la vérité" en faisant rire. Nos sociétés post-modernes auraient-elles peur de "la vérité" qui, toujours, bouscule "l’ordre établi" ? La craindrait-elle, aujourd’hui, au point de traîner devant les tribunaux ceux qui la raillent en dénonçant avec humour les maux qui l’accablent.

Alessandro Di Giuseppe et ses amis "Les déboulonneurs" se sont attaqués à la publicité qui envahit scandaleusement les espaces publics pour vanter la marchandise, toutes la marchandises, matérielles et immatérielles. Ses et leurs actions relèvent de la désobéissance civile dont Gandhi affirmait qu’elle est "un droit imprescriptible de tout citoyen. (Qu’) Il ne saurait y renoncer sans cesser d’être un homme".

Alessandro Di Giuseppe est un homme de bien que je connais, admire et approuve totalement. Il participe, avec son humour et son courage, d’un mouvement de pensée auquel j’appartiens moi-même, depuis 40 ans : Le mouvement de la décroissance qui rassemble la diversité de celles et ceux qui se nomment les objecteurs de croissance.

Notre société est déboussolée. Elle a perdu le Nord. Tout le monde le sait, mais beaucoup font semblant de ne pas le savoir et surtout n’agissent pas, ou si peu, pour qu’elle soit à la hauteur des grands enjeux qu’elle rencontre et que découvre, aujourd’hui, l’humanité entière.

Poursuivre et condamner Alessandro Di Giuseppe serait une infamie au moment même où émerge, enfin, dans l’opinion, l’idée que nous devons tous nous engager contre la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité, car ce sont des questions de survie pour notre espèce. Et, personne de sensé ne saurait nier que l’envahissement publicitaire, comme toutes les activités liées au productivisme et à la croissance illimitée, sont responsables d’une atteinte à la vie sur notre planète, d’un accroissement obscène des inégalités, bref, d’une orientation suicidaire à terme.

Outre l’amitié que le lui porte, toutes ces raisons et ma conscience poétique et politique m’imposent d’affirmer qu’Alessandro Di Giuseppe doit être reconnu comme un modeste "bienfaiteur de l’humanité" et, par conséquent, libéré de toute poursuite judiciaire.

GADREY Jean (Professeur d’économie à Lille)

Je suis totalement solidaire des actions menées à Lille par les personnes accusées de très légères dégradations de quelques grands supports de publicité. Je fais partie des citoyens, de plus en plus nombreux, qui estiment qu’on ne devrait pas autoriser les modalités de publicité "non sollicitées", qu’il s’agisse des boîtes à lettre, des mails, des appels téléphoniques importuns, et, dans le cas présent, de l’envahissement d’une partie de l’espace public urbain.

Il s’agit de comportements mercantiles qui affectent la vie privée, le libre-arbitre et la vie en collectivité, et qui constituent une pollution visuelle. Ces dispositifs impressionnants et coûteux nous prennent pour cible, sans notre accord, dans une perspective purement mercantile. A ce niveau de démesure il ne peut s’agir d’informer le consommateur, mais bel et bien de l’influencer, de tenter de le convaincre que le superflu lui est nécessaire, de transformer d’authentiques besoins en pulsions éphémères.

Contester ces modes d’influence, agir pour que cela se sache, est légitime, y compris lorsque cela passe par un peu de peinture... L’illégitimité est du côté des poseurs de panneaux et autres supports géants et de ceux qui contractent avec eux en transformant une partie de notre espace public en espace de la marchandise. Il s’agit en fait de la seule vraie dégradation qu’il faudrait condamner, et elle n’est pas "légère".

Combattre l’agression et la pollution de l’hyper-publicité en ville

DELEPINE Benoît (Réalisateur)

Je soutiens avec conviction le combat d Alessandro di Giuseppe contre les moulins à vent de la publicité. Si encore ceux d’antan avaient l avantage de moudre du grain, ceux d aujourd hui ne sèment que faux espoirs et frustrations !

CHEYNET Cheynet

Je soussigné Vincent Cheynet, rédacteur en chef du journal La Décroissance, soutient Alessandro di Giuseppe dans son action citoyenne héroïque et toujours pleine d’humour contre la publicité, activité purement parasitaire et véritable peste contemporaine aux conséquences à tous les niveaux, mais notamment sanitaires, dénoncées à moult reprises par les autorités les plus qualifiées.

VILLALBA Bruno (Professeur de Science Politique - Ceraps - AgroParisTech)

Lille, le 12 mai 2015
Madame, Monsieur

Par la présente, je tiens à vous faire part de mon soutient à M. Alessandro Di Giuseppe.

M. Di Giuseppe fait actuellement l’objet d’une action judiciaire pour une "dégradation" sur une affiche publicitaire, située à proximité d’une école. Cette action, commise selon les principes de la désobéissance civile, a, semble-t-il, respectée la transparence et la visibilité de l’action, le souci de ne porter atteinte à aucune personne ou bien d’une propriété privée.

L’action de M. Di Giuseppe s’inscrit dans une mobilisation collective, celle des Déboulonneurs, qui rend publique chacune de ses actions. Cette association et ses membres ne font l’objet d’aucune interdiction. Il est donc tout à fait regrettable que M. Di Giuseppe fasse l’objet d’une procédure sélective et déconnectée de son enjeu social et politique.

La désobéissance civile non-violente au grand jour ne doit pas constituer un motif d’action judiciaire et répressive, tout comme le fait de soumettre M. Di Giuseppe a un prélèvement ADN qui représente, faut-il encore une fois le rappeler, une action complètement injustifiée au regard des faits expliquant son interpellation.

L’action de M. Di Giuseppe est une forme d’expression proprement politique qu’il convient de ne pas criminaliser.

Bien à vous
Bruno Villalba

ARIES Paul (Politologue, rédacteur en chef du mensuel les Zindigné(e)s)

Le procès intenté à Alessandro di Giuseppe est une belle occasion d’instruire le procès contre l’agression publicitaire à l’école parfois même sous la forme de kits pédagogiques. J’ai assez longtemps animé le Mouvement pour une Rentrée scolaire sans marque pour savoir à quel point les parents et les enseignants sont hostiles à cette manipulation des enfants. Veut-on d’une situation scolaire à l’américaine où les enfants sont du temps de cerveau disponible pour les marchands de produits le plus souvent malsains ??? Nous avons besoin dans ce domaine de lanceurs d’alerte comme Alessandro di Giuseppe. A nous de faire de ce procès l’occasion de grands débats contre la publicité à l’école. Nos enfants ne sont pas de la chair à pub. Nos enfants doivent être respectés. Le réquisitoire publié dans Le Petit manuel anti-pub reste toujours malheureusement d’actualité. J’apporte tout mon soutien à Alessandro di Giuseppe au nom du collectif organisateur des forums nationaux de la désobéissance et du mensuel les Zindigné(e)s.

Voir aussi

THIESSET Pierre (Journaliste et éditeur)

Je soussigné Pierre Thiesset, journaliste et fondateur des éditions Le Pas de côté, soutient l’action des déboulonneurs lillois dans leur lutte contre l’oppression publicitaire. Jacques Séguéla dit d’une affiche qu’elle "n’a pas le temps de séduire, elle doit violer", pour mieux "laisser des traces1" dans les têtes des passants. Les menées des violeurs-publicitaires sont néfastes, et ont des conséquences destructrices sur la santé, les rapports sociaux, l’environnement. Ce ne sont pas ceux qui résistent à la publicité qui doivent être sur le banc des accusés, mais ceux qui la font.

13 septembre 2016

MEIRIEU Philippe (Professeur émérite en sciences de l’éducation à l’université LUMIERE-Lyon 2)

Je tiens à marquer ma plus profonde solidarité avec toutes les actions menées contre la publicité. Si je n’ignore pas que ces actions sont parfois discutables dans leurs méthodes au regard d’une interprétation stricte de la loi, je suis convaincu qu’elles sont absolument nécessaires au regard des exigences éducatives exprimées par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989 dont la France est signataire. En effet, mes travaux de chercheur en éducation m’ont amené à étudier l’impact de la publicité sur les enfants. Cet impact est aujourd’hui significatif à plusieurs niveaux. La publicité constitue une entrave à l’activité éducative des parents et de l’Ecole dans la mesure où elle exalte la réalisation immédiate du caprice, à laquelle, précisément, il s’agit d’apprendre aux enfants à surseoir. La publicité constitue une manière d’attiser les processus primaires d’identification en renforçant les attitudes claniques, les comportements d’adhésion ou de rejet grégaires. La publicité constitue une apologie de l’approximation, voire du mensonge ; elle brouille totalement le rapport exigeant à la vérité que l’enfant doit apprendre à construire avec ses éducateurs. L’inflation publicitaire constitue une agression pour les enfants qui, n’étant pas encore entrés dans la maturité ni entraînés systématiquement à décoder les publicités, ne peuvent en comprendre la portée ni en relativiser les messages.

En réalité, la publicité constitue un danger pour l’enfant dont elle favorise l’emprise pulsionnelle au détriment de l’exercice de la raison. Elle contribue au mélange permanent des genres et des discours qui est contraire au développement de l’intelligence. Elle entretient la confusion entre les faits et les opinions (le "savoir" et le "croire") que la laïcité doit apprendre à distinguer dans tous les domaines. Elle suscite, chez les plus fragiles, le passage à l’acte, le vol et l’agression. Tant qu’une régulation forte ne sera pas mise en place pour protéger l’enfant de cette pollution mentale, on est en droit de s’inquiéter sur notre avenir.

En réalité, je considère que la publicité, sous les formes qu’elle prend aujourd’hui, est une atteinte au premier "droit de l’enfant" : le droit d’être éduqué. Je rappelle que la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, prenant acte que l’enfant est un être non achevé, affirme la nécessité de mettre en place une protection contre toutes les formes d’exploitation économique ["Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique" (article 32-1)]. Il s’agit aussi, dans l’esprit de cette Convention, de lutter contre tout ce qui entrave le développement d’un sujet construisant sa liberté.

Or, je considère qu’à bien des égards, la publicité peut être considérée comme un mauvais traitement pour l’enfant et que ne rien faire contre elle relève de l’abandon ou de la négligence ["Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toutes formes de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation..." (Article 19-1)]. Si l’on reconnait que, conformément au préambule de la Convention des Droits de l’Enfant, "il importe de préparer pleinement l’enfant à avoir une vie individuelle dans la société, et de l’élever dans l’esprit des idéaux proclamés dans la Charte des Nations Unies, et en particulier dans un esprit de paix, de dignité, de tolérance, de liberté, d’Egalité et de solidarité", il apparait légitime de mettre en oeuvre des actions qui permettent d’attirer l’attention de l’opinion publique sur le caractère néfaste de la publicité... manifestement contraire à "l’intérêt supérieur de l’enfant". Si, comme l’indique la même convention, il importe de "lutter contre toutes les formes d’ignorance et d’analphabétisme" (article 28-3), on doit s’attaquer à la publicité qui est, en réalité́ , une promotion de la confusion mentale, de l’approximation et de la falsification. Je rappelle, enfin, qu’aux termes de la même Convention des Droits de l’Enfant, "dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale."

C’est au nom de cette "considération primordiale" que je demande que toutes les actions de ceux et celles qui luttent contre la publicité soient appréciées.

17 septembre 2016

BEGUIN Didier

Bonjour,

Tout à fait d’accord pour lutter contre l’envahissement publicitaire des lieux publics, en particulier lumineux, d’autant plus qu’ils sont incompatibles avec l’accord de Paris de la COP 21.

Écologiquement

3 octobre 2016

ANDRE Christophe

COURRIER DE SOUTIEN AUX DÉBOULONNEURS

Je m’appelle Christophe André, et je suis médecin psychiatre dans le Service Hospitalo-Universitaire de l’hôpital Sainte-Anne à Paris. Je suis spécialisé dans la prévention des rechutes, c’est-à-dire que mon métier m’amène notamment à étudier de près tout ce qui contribue à améliorer (ou au contraire à perturber) l’équilibre intérieur de mes patients.

C’est pourquoi je soutiens, en tant que citoyen et professionnel de santé, l’action des Déboulonneurs, et leur demande d’une régulation de l’invasion publicitaire des espaces publics.

Notre cerveau est un organe précieux mais vulnérable. Aujourd’hui, de plus en plus de travaux portent sur ce qu’on appelle "médecine environnementale" : notre santé est influencée, en bien ou en mal, par notre environnement, et il importe de réclamer pour les citoyens un environnement de vie aussi sain que possible. On connaît bien désormais les dégâts de la pollution de l’air, de l’eau et des aliments sur notre santé, et le rôle important que ces pollutions jouent dans l’apparition et le maintien de certaines maladies.

Mais à côté de ces pollutions physiques existent aussi des pollutions psychologiques, qui affectent non plus le fonctionnement de notre corps mais celui notre esprit. L’invasion des écrans dans notre quotidien en est un bon exemple : le temps passé devant les écrans est du temps volé principalement aux échanges sociaux et aux temps de repos, deux dimensions fondamentales à la santé humaine. Il ne s’agit pas de se passer des écrans mais de réfléchir à leur bon usage (que ce soit en milieu professionnel, dans la vie familiale ou dans l’espace public).

La publicité pose le même type de problèmes : son omniprésence agressive provoque en fait des sollicitations et des interruptions attentionnelles régulières, sinon constantes. Parmi les impacts de ces "vols d’attention" figurent l’affaiblissement des capacités de continuité attentionnelle (la concentration), la dérégulation de l’autocontrôle (difficulté à contrôler ses impulsions à acheter, boire, manger, etc.) et la réduction des temps de repos cérébraux. Ce dernier point est important : de nombreuses études montrent qu’une heure de marche dans la nature apporte des bienfaits psychologiques bien plus nets que son équivalent en milieu urbain (bien que l’exercice physique accompli soit le même dans les deux cas). Une des hypothèses explicatives proposées par les chercheurs est celle-ci : les environnements "naturels" sont exempts de sursollicitations attentionnelles, comme les panneaux publicitaires, et permettent au cerveau d’être moins agressé, et de fonctionner en "mode par défaut" (fonctionnement de réseaux cérébraux spécifiques qui facilitent la récupération et la synthèse mentales).

Les publicités nombreuses, massives et invasives représentent donc des perturbateurs attentionnels, qui privent les citoyens de temps de calme et de continuité cérébrale : même en s’efforçant de leur résister, il est impossible de contrôler en permanence l’attraction que ces sur-stimulations exercent sur notre cerveau. Il existe toute une science du neuro-marketing dont l’unique but est d’attirer notre attention : on ne peut laisser les citoyens à leur seule bonne volonté et à leurs seuls efforts face aux moyens considérables des grandes firmes, le combat est inégal.

Il s’agit donc aussi - au-delà des enjeux esthétiques et éthiques posés par l’invasion de la publicité dans nos vies - d’une question de santé publique.

5 octobre 2016

ETCHEVERRY Txetx (membre de la Coordination du mouvement Urgence climatique Bizi !)

La pub crée des besoins artificiels chez les gens et les pousse à surconsommer. Pourtant au même moment, l’impératif de ne pas dépasser les seuils d’emballement irréversible et incontrôlable du climat nous oblige à réduire très fortement notre consommation énergétique globale. L’enjeu en est la survie même de l’espèce humaine. La publicité est donc une incitation à mettre en danger les conditions de vie humaine sur terre. Dès lors qui faut-il arrêter ? Les publicitaires ou les déboulonneurs ?

6 octobre 2016

DE SOYE Sylvie

Bonjour,

Je soutiens votre action

Il y en a assez de tous ces écrans numériques !

Cordialement

9 octobre 2016

PALAIS Jon (militant Bizi !)

Il faut déboulonner la pub !
Soutien aux Déboulonneurs pour leur procès du 11 octobre 2016

La pub est devenue une arme de destruction massive. En martelant nos esprits d’injonctions à consommer, partout, tout le temps, elle joue un rôle déterminant sur nos modes de vie basés sur la sur-consommation, la sur-exploitation des ressources, le gaspillage, les inégalités, la destruction des espaces naturels, et l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre qui sont en train de dérégler le climat et de menacer les conditions de vie civilisées sur Terre.

La pub utilise l’écriture, la musique, la photographie, le dessin, le cinéma, nos formidables capacités de créativité, d’humour, d’art et de poésie, pour irriguer l’imaginaire collectif d’une fiction fondée sur des valeurs de matérialisme, d’accumulation, de compétition, de domination, etc., qui à la fois nous poussent à être les artisans de la destruction du monde, tout en nous rendant profondément malheureux.

Omniprésente dans les espaces publics, les paysages, les écrans, l’environnement sonore, la pub est au coeur du processus qui détruit notre planète et parasite nos esprits.

J’apporte tout mon soutien aux militantes et aux militants des Déboulonneurs qui ont mené des actions non-violentes de désobéissance civile pour s’opposer à cette dérive publicitaire et nous interpeller sur ses dangers, et qui comparaîtront au tribunal ce mardi 11 octobre à Paris. Déboulonner la pub est aujourd’hui une réaction saine et responsable, un acte citoyen mené pour l’intérêt collectif et qui doit être soutenu par le plus grand nombre. Ami-e-s Déboulonneurs, merci à vous et bon courage pour le procès !

10 octobre 2016

BAYOU Julien (EELV)

Soutien au Collectif des Déboulonneurs.

Je m’associe à la lutte et aux propositions du collectif des Déboulonneurs ; Nous avons besoin d’un vrai débat sur le rôle et la nocivité de la publicité sur les plans sanitaire, démocratique et écologique. A Grenoble où un maire écologiste fait reculer la pub, on peut mesurer "en creux" l’invasion dans toutes les autres villes de la pire publicité, celle qu’on ne peut zapper, la publicité dans les lieux publics et notamment sur panneaux numériques, qui bafouent la liberté de ne pas recevoir de messages sans consentement.

Avec leurs mobilisations publiques et assumées, les déboulonneurs s’inscrivent dans la longue liste des actions de désobeissance civile, si utile à nos sociétés quand les pouvoirs publics traînent les pieds et reculent devant les intérêts privés.

COQUEREL Eric (Coordinateur du Parti de gauche - Conseiller régional Ile-de-France)

Le 11 octobre a lieu un procès de plus de membres des Déboulonneurs. Sept militants se retrouvent devant la justice pour un simple barbouillage d’écrans publicitaires.

Je voudrais ici dire pourquoi je leur apporte mon soutien et espère que le tribunal leur rendra justice. Plus largement je veux dire pourquoi je soutiens les actions non violentes des Déboulonneurs.

Je considère en effet que leurs actions défendent l’intérêt général et le bien commun.

La publicité de marque qui envahit les rues et murs de nos villes, nos routes, les espaces publics, notamment de transport, n’est rien d’autre justement qu’une privatisation et une commercialisation de l’espace public. A cet égard il est anormal que les citoyen-e-s et les élu-e-s aient aussi peu leur mot à dire. Alors que la France organise la COP 21 comment ne pas voir que le consumérisme forcené auquel nous invite la plupart des publicités est contraire aux intérêts environnementaux de l’Humanité. De quel droit l’espace public est ainsi sur-utilisé pour nous forcer à acheter ce dont nous n’avons pas besoin ? Est-ce normal que les citoyens que nous sommes se retrouvent contraints parce que piétons, usagers des transports publics et même automobilistes à ce que nos cerveaux enregistrent ces appels commerciaux à consommer ?

Poser cette question est y répondre.

On nous dira : ce n’est pas nouveau.

Si. Déjà le contexte n’est plus non plus le même. J’ai parlé de l’urgence climatique mais l’urgence sociale est tout aussi présente : inciter ainsi nos concitoyen-ne-s à sur-consommer dans une période où le pouvoir d’achat du plus grand nombre stagne voir baisse est d’un cynisme absolu. Ceux qui leur ouvrent les espaces publics sont ainsi co-responsable de l’explosion du sur-endettement en France.

Et puis la publicité envahit cet espace public comme jamais elle ne l’a fait. Et parfois même en contournant la loi. Pourquoi donc ne se retrouvent pas devant les tribunaux ceux qui acceptent des procédés illégaux : par exemple, combien aujourd’hui d’affichages publicitaires grand format dans les rues de la capitale ne respectent pas la législation y compris dans des sites protégés ? Il suffit de se promener dans les rue de Paris pour les dénombrer. Est-ce que ne devraient pas se retrouver devant les tribunaux ceux qui ont accepté des écrans publicitaires animés dans les transports, qui nous asservissent plus que tout au message publicitaire ?

Je considère que les Déboulonneurs sont des lanceurs d’alerte. Et en tant que tels ils ne devraient pas se retrouver devant les tribunaux mais être au contraire protégés.

11 octobre 2016

COUPE Annick (Attac)

Le bureau d’Attac France apporte sa totale solidarité au Collectif des Déboulonneurs pour son procès du 11 octobre à Paris. Les Déboulonneurs sont poursuivis pour une action citoyenne contre le système publicitaire et ses conséquences sur l’espace public. Attac soutient les actions des Déboulonneurs et leur exigence d’un véritable débat public sur le rôle de la publicité, sa nocivité en terme de santé publique, de stéréotypes sexistes, ou de surconsommation.

Relaxe pour les Déboulonneurs !

Chloé

Bonjour,

Votre engagement est d’utilité publique. Merci.

On espère que vos luttes paieront et que la pollution publicitaire ne sera un jour plus qu’un vague souvenir.

Bon courage à tous.

9 octobre 2017

MORIN Edgar

La préoccupation essentielle d’Yvan Gradis est l’esthétique de nos villes et de nos paysages. Or il est évident que cette esthétique est dégradée et parfois disparait sous des affiches publicitaires. Quelques unes ont certes un caractère esthétique, mais la plupart dont celles auxquelles s’en prend justement Yvan Gradis sont d’une laideur offensant nos regards. L’action d’Yvan Gradis a donc un caractère culturel que comprendrait surement notre ministre de la culture. Elle n’affecte que symboliquement les énormes intérêts économiques qui eux pèsent lourdement sur nos concitoyens quand ils vantent des produits néfastes à leur santé et d’une utilité douteuse ou imaginaire.

Je ne veux pas me référer ici à l’épikeia des Jésuites qui permet d’enfreindre une loi dans la mesure ou le bien de cette infraction serait plus important que le mal qu’elle constitue . Mais je dois constater que le dommage minime au profit provoqué par le barbouillage, apporte un bien salutaire à la sauvegarde de la beauté de nos villes et de nos paysages.



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